LES ACTEURS NOIRS EN FRANCE ET EN AMERIQUE

Publié le par ruber

.Mais je m'interroge, le plus objectivement possible: pourquoi n'y a t-il pas plus de bons acteurs noirs? Il en existe quelques-uns quand même, souvent dans des rôles distribués pour des films d'action (Will Smith, Lawrence Fishburne, Samuel L. Jackson...), ou pour des films biographiques (Smith encore pour Ali, Denzel Washington pour Malcom X, et donc Jamie Foxx pour Ray Charles), mais peu dans des rôles de véritable composition. Parce que 50 % des films que tu vois sont américains, parce que les noirs n'ont pas le fric pour se payer des cours de théatre, parce que les films africains restent très peu diffusés en Europe, parce qu'étant la "race" qu'on a fait le plus souffrir de l'histoire de l'Humanité, ils ont peut-être autre chose à foutre (sida, famine etc...), parce que les africains n'ont pas de tune pour produire des films, parce que les ricains sont pas mal racistes ...

 

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Afrik.com : Vous avez longtemps fait du théâtre. Quelle différence faites-vous entre le théâtre et le cinéma ? Eriq Ebouaney : Le théâtre est un métier d’acteur. On est en live avec le public. Les émotions se vivent en direct, on ne peut pas tricher. A contrario, le cinéma est un métier de technicien, de réalisateur. C’est lui qui dit « Action ! », « Coupez ! ». Même si vous avez envie de continuer à jouer. L’acteur est moins libre qu’au théâtre où la contrainte majeure est celle de la mise en scène. Et puis, outre les répétitions, on travaille d’un trait au théâtre alors qu’au cinéma, il faut gérer l’attente. On attend beaucoup entre deux prises. C’est vraiment deux univers différents comme peuvent l’être, toutes proportions gardées, ceux d’un pilote de F1 et de Paris-Dakar, ou encore d’un coureur de fond et d’un sprinteur. Le théâtre m’a appris à gérer mes émotions, m’a formé. Je n’ai fait aucune des écoles d’acteurs réputées en France mais le théâtre m’a permis de côtoyer des acteurs qui en venaient. Depuis trois ans, je n’en ai plus du tout fait alors qu’auparavant j’alternais des rôles au cinéma et au théâtre. Ça me manque, j’espère revenir sur les planches.

 

Afrik.com : Est-il difficile d’être un acteur noir en France ? Eriq Ebouaney : En France malheureusement, en tant qu’acteur noir, on est victime de l’empreinte qu’a laissé la colonisation dans la culture française. Et le monde de l’audiovisuel français n’échappe pas à cette réalité. Un acteur reste un acteur et par conséquent, un acteur noir n’a pas à être indéfiniment cantonné dans des rôles de balayeur, de musicien ou encore de danseur. On ne veut pas nous inclure dans la vie sociale et politique de ce pays, on a peur du Noir. J’ai envie de dire qu’il n’y a que - pardonnez-moi l’expression - des couilles molles dans le monde du cinéma et de la télévision en France. Ils n’ont rien compris à l’avenir de ce métier quand on sait que c’est le mélange des cultures qui fait évoluer la plupart des sociétés. En France, on est resté à la nouvelle vague. Et l’on s’extasie sur le travail de gens comme Scorcesse (Martin), Tarentino(Quentin) ou encore Jim Jarmusch, qui ont axé leur travail sur le mélange des cultures. Ce que le cinéma français est, à l’heure actuelle, incapable de faire. La France est une société métisse mais c’est une réalité qui ne se reflète pas dans son cinéma.

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Hollywood affirme aujourd’hui avoir montré le chemin ou tout au moins rendu probable et normale l’hypothèse de l’élection d’un Noir comme président des États-Unis. Aujourd’hui, la réalité semble rattraper la fiction illustrée par le jeune Sammy Davis Jr, âgé de 7 ans, dans une comédie hollywoodienne en 1993 avec le titre « Rufus Jones for President », ou Morgan Freeman en 1998 dans le rôle de président dans « Deep Impact ». À l’époque, personne ne pouvait voir venir le phénomène Barak Obama, ou tout au moins sa manifestation aussi rapide.

 

Certains experts et autres critiques de cinéma pensent que la fréquente représentation des Noirs américains jouant le rôle de président des USA dans les films et dans les séries télévisées aurait préparé l’opinion à être réceptive à la percée de Barack Obama. John W.Matviko, auteur du best seller « Un président américain dans la culture populaire » pense, pour sa part, que l’attraction de la population jeune vis-à-vis d’Obama peut s’expliquer par le fait que cette jeune population est très captivée par des acteurs noirs américains. Selon cet auteur, l’une des fonctions de la culture populaire est justement de rendre possible ce qui est impossible dans la conception traditionnelle et acceptable ce qui serait d’emblée « inacceptable ».

 

L’acteur noir américain Dennis Haysbert, qui joue le rôle du président des USA dans la série télévisée très suivie « 24 heures » pense d’ailleurs la même chose. Pour lui, celui qui a créé le rôle d’un président noir a permis de préparer les esprits des millions de téléspectateurs amateurs des films à cette éventualité Par contre Robert Thompson, professeur de la culture populaire à l’Université de Syracuse n’adhère pas à cette analyse, mais affirme que c’est plutôt la lutte pour la liberté sur les droits civiques et l’égalité qui, depuis des lustres, étaient bafoués et qui sont aujourd’hui rehaussés, qui peuvent expliquer le charisme du sénateur de l’llinois Barack Obama. | Charles Atangana (AEM), UK

Publié dans ENSEMBLE POUR LA VIE

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